
En 1891, Sophie Pic dans son café du Pin au-dessus de Saint-Péray, réalise avec amour une authentique cuisine du terroir. Petit à petit, l'Auberge du Pin acquiert une vraie renommée, et les gastronomes viennent nombreux savourer les fricassées de volailles, gratins, boudins et lapins sautés... qu'elle cuisine à la perfection.
Vers 1920, André Pic, excellent cuisinier, lui succède et attire à l'Auberge du Pin, une clientèle régionale qui, avec les premières automobiles, n'hésite pas à faire le déplacement pour goûter un lièvre à la broche, une poularde en vessie, un boudin Richelieu, un homard à la crème ou les écrevisses du Duzon, la rivière voisine. En 1934, le guide Michelin consacre le restaurant PIC en lui décernant la troisième étoile et André Pic, en 1936, décide de transférer son hôtel et son restaurant au coeur de Valence et s'installe avenue Victor Hugo au bord de la célèbre Nationale 7.
En 1936, afin de faire face à sa réputation et de combler ses hôtes, il décide de transférer son hôtel et son restaurant au coeur de Valence et s'installe avenue Victor Hugo au bord de la célèbre Nationale 7.
Son fils, Jacques Pic, qui s'est longtemps vu une vocation pour la mécanique des belles cylindrées, Nationale 7 oblige, va mener le restaurant à sa pleine maturité. Tout en gardant les secrets d'André, Jacques contribuera à faire émerger de nouvelles tendances culinaires
et créera une palette audacieuse d'accords de saveurs avec un goût particulier pour les sauces et les poissons.
Et en 1973, grâce à Jacques les fameuses 3 étoiles viendront redorer à nouveau la devanture de PIC contribuant ainsi à la réputation internationale de l'établissement. La forte personnalité de Jacques se retrouve bien entendu dans sa cuisine comme son exigence, sa sincérité et son humilité.
En 1995, c'est au tour d'Anne-Sophie Pic, quatrième du nom, d'entrer en cuisine.

Bien sûr, enfant, la sortie de l'école avait un parfum particulier pour Anne-Sophie qui succombait aux subtils choux à la crème que lui offrait le pâtissier de la maison et ne résistait pas plus aux écrevisses qui mijotaient dans les grandes marmites en cuivre. Bien sûr, son goût se forge presque à son insu, dans une relation intime à ses parents, la cuisine, l'équipe. Et même si elle sait que son avenir est en cuisine, elle va tout de même tenter de suivre un autre chemin...
En intégrant l'ISG, Anne-Sophie quitte le cocon familial pour découvrir le monde et l'entreprise; elle voyage, de Paris aux États-Unis en passant par le Japon, pays dans lesquels elle partira en stage pour de grandes maisons de luxe et d'où elle ramènera d'autres expériences gustatives. Elle y rencontre aussi et surtout son futur mari.
Lui, David Sinapian, toujours en mouvement, a besoin d'espace.
Il rêvait d'être pilote, il aimait les maths, il a préféré la même école, les mêmes études, la même promotion, les mêmes voyages. L'Asie, les USA, puis Valence dont il est aussi originaire. Leurs destins devaient être de se rencontrer.
Un jour, Anne-Sophie rentre à Valence et déclare à son père qu'elle désire se consacrer à sa vraie passion. Jacques Pic met donc sa fille en cuisine et envisage pour elle un apprentissage dans une école hôtelière mais le destin en décide autrement et le décès de ce dernier en septembre 1992, quelques mois à peine après le retour d'Anne-Sophie, bouleverse les projets de chacun. Anne-Sophie ne restera que neuf mois en cuisine parce qu'elle n'y trouve alors pas sa place et occupera ensuite toutes les fonctions liées au bon fonctionnement de l'établissement de la famille Pic. Mais elle sait que son avenir est ailleurs, qu'il est en cuisine, comme son père.
David Sinapian, son mari, l'aidera à « cheminer jusqu'à la cuisine » et en 1995, par un matin de septembre, avec l'appui de sa mère Suzanne, et à la stupéfaction générale, Anne-Sophie pousse cette porte et entre faire son apprentissage.
Dès lors, avec David, son mari en charge déjà depuis quelques années de l'administration de l'hôtel, rénové et agrandi en 1997, elle préside au devenir de PIC. Aujourd'hui, entourée d'une équipe qui lui ressemble, Anne-Sophie, la cuisinière, puisque c'est le titre qu'elle revendique, crée, invente, innove, dans un écrin à sa mesure.